On peut aimer le nouveau film TGV mettant en scène Mika, qui aime multiplier les projets artistiques plutôt que suivre le train-train d’une carrière banale, on peut trouver que cette épopée sous ecstasy est fort loin de la réalité d’un voyage en train, on peut regretter que l’attrait du film repose principalement sur une tête d’affiche, ce qui est souvent dangereux et fragile et révèle parfois un manque de concept fort – à ce titre, une précédente campagne « Prenez le temps d’aller vite », avec des voyageurs « volants » à grande vitesse sur fond de ballade de Lady & Bird était un cran nettement au-dessus.

Des mots qui passent sans crier gare

Mais à la découverte la version longue du film, un autre aspect a retenu mon attention : la reprise du titre « Je chante », initialement chanté par Charles Trenet. En entendant des phrases assez inattendues comme « les mouches ne me piquent pas » ou « Je hante les fermes et les châteaux / Un fantôme qui chante, on trouve ça rigolo », j’ai cherché les paroles de cette chanson guillerette et sautillante…

Erreur d’aiguillage

Il s’avère donc que cette chanson conte l’histoire d’un vagabond, qui chante pour avoir de quoi manger. Trop affaibli, il tombe dans un sentier, est arrêté par la police et se pend dans sa cellule à l’aide d’une ficelle. Il devient alors un fantôme.

Après le « contresens » qui consiste à utiliser des titres anglo-saxons pour habiller des films de grands groupes français, méfions-nous des titres à double tranchant qui, pour illustrer un voyage tout en allégresse et en fantaisie, parlent de mendicité, de famine, de suicide et de passage dans l’au-delà… Surtout lorsque le film s’achève sur la phrase : « Et vous, quel sera votre voyage ? »

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