Espoirs et menaces de l’après Covid-19

Les avis d’experts se suivent et ne se ressemblent pas concernant l’après Covid-19 : une crise profonde ? Une opportunité ? Un nouveau monde ? Un éden ou une catastrophe écologique ? On fait le point…

Ce qui pourrait changer en mieux…

• Un environnement plus sain. La pollution de l’air et les émissions de GES sont en diminution partout où l’activité ralentit. La nature (animaux, végétation) reprend ses droits.

Une prise de conscience écologique accrue. Le lien entre notre environnement et notre santé devient plus évident avec la crise du Covid-19. Par extension, les Français vont faire plus attention à ce qu’ils consomment, à leurs pratiques, aux conséquences de leurs choix et de leurs actions.

Un développement des pratiques « à distance » : même si cela est discutable d’un point de vue des interactions sociales (et même si ces pratiques, appliquées au commerce, renforcent les grandes plate-formes logistiques aux pratiques économiques et sociales douteuses), le fait de développer le télétravail, les réunions à distances et même les téléconsultations médicales a un impact sur le volume de GES rejetés dans l’atmosphère. Il faudra, de plus en plus, une raison réelle pour se déplacer. Agir à distance sera perçu comme plus efficace, plus confortable et plus écologique. Mais, bien sûr, cette tendance ne peut s’appliquer à tous les secteurs et toutes les situations.

Un peu plus de sens et de « recentrage ». L’idée de « revenir à l’essentiel, se concentrer sur ce qui compte vraiment pour soi » trouve de plus en plus d’adeptes en France (70 % en 2018, 73 % en 2019, sans doute bien plus au sortir de la crise) selon l’Ifop. Cette démarche s’accompagne d’une redécouverte de son intérieur (c’est le grand retour du cocooning des années 1980 !) : 2/3 des Français préfèrent partager des moments en famille ou entre amis chez eux plutôt qu’à l’extérieur.

Une baisse de l’hyperconsommation : les consommateurs – et donc, les marques – développent une attitude plus responsable. Cela dit, les experts prévoient, au contraire, juste après la crise, une hyperconsommation, qui s’apparenterait à une sorte de défoulement post-confinement.

Ce qui pourrait changer en pire…

Le retour massif aux énergies fossiles. C’est un paradoxe : alors que le confinement a amélioré la qualité de l’atmosphère, plusieurs pays annoncent déjà des plans de relance de leur économie via les énergies fossiles (puisant dans le stock limité de la planète et polluant l’environnement par leur extraction et leur utilisation). Ainsi, la Chine envisage de construire des centaines de centrales à charbon pour relancer son économie. Beaucoup de pays risquent de remettre en cause les mesures ou pactes de lutte contre le changement climatique au nom de cette reprise. Au global, le bilan de la crise du Covid-19 risque, selon plusieurs experts, d’être globalement négatif d’un point de vue écologique, voire même « catastrophique ». La crise n’aura donc pas permis de tirer de leçons, contrairement à ce que l’on pouvait espérer…

Une individualisation renforcée de la société. Autant la crise a permis de révéler des valeurs de solidarité et d’entraide, autant la reprise, avec des entreprises et une population affectées et un climat de tension, risque de faire naître des craintes (de manquer), des peurs (de l’autre), avec pour conséquence un repli sur soi, son groupe familial, entraînant une individualisation encore plus marquée, voire une paranoïa (à l’image du rejet des personnes d’origine asiatique ou du personnel soignant observé ici et là, car supposés « transporter le virus »).

• Bien entendu, il faut ajouter à ces considérations le bilan humain du Covid-19. Il est à ce jour (2 avril 2020) de près de 1 million de personnes officiellement contaminées et de près de 50 000 décès officiels dans le monde. Tout le monde pourrait être touché par le Covid-19, de près (famille) ou de loin (amis d’amis).

Bon courage à toutes et à tous pour traverser cette période inédite et incertaine, dont nous ressortirons, je l’espère, plus forts et plus sages.

Sources : Ifop, Le Soir. Visuel : pxhere.